Désillusionnée avant l'age, je dégueule sur la facticité des sentiments.
Ce qu'on nomme l'amour n'est que l'alibi rassurant de l'union d'un pervers et d'une pute, que le voile rose qui couvre la face effrayante de l'inéluctable Solitude.
Je me suis caparaçonnée de cynisme, mon coeur est châtré, je fuis l'affreuse Dépendance, la moquerie du Leurre universel ; Eros planque une faux dans son carquois ! L'amour c'est tout ce qu'on a trouvé pour aliéner la déprime post-coïtum, pour justifier la fornication, pour consolider l'orgasme. C'est la quintessence du Beau, du Bien, du Vrai, qui refaçonne votre sale gueule, qui sublime votre existence mesquine. Et bien, moi, je refuse. Je pratique et je prône l'hédonisme mondain, il m'épargne. Il m'épargne les euphories grotesques du premier baiser, du premier coup de fil, écouter douze fois le même message, prendre un café, un verre : les souvenirs d'enfances, les amis communs, les vacances sur la Côte, puis un dîner : les auteurs préférés, le mal de vivre, pourquoi sortir tout les soirs, la premiere nuit, suivie de beaucoup d'autres, ne plus rien avoir à se dire, baiser pour combler les blancs, ne même plus avoir envie de baiser, se détacher, rester ensemble quand même, s'engueuler, se réconcillier tout en sachant que c'est mort au fond, aller baiser ailleurs, et puis plus rien.
Souffrir...
[...] Un jour, un soir, une nuit....
...Le bonheur on ne peut que passer à coté. Si tu m'avais aimée...ça ne pouvait pas suffire. Et ta débauche ne leurre qu'un instant ton désespoir caché. C'est un de ces maux qu'on ne peut pas guerir... Ce n'est pas de ta faute...
" - Et j'aime persécuter des connes, toutes ces connasses inutiles qui croient que tout leur est dû parce qu'elles sont mignonnes, je ne fais que leur faire comprendre que le monde ne tourne pas autour d'elles. "
... Je suis sous le charme, j'ai l'impression de m'entendre. Jamais ressenti une empathie pareille avec qui que ce soit.
[...] Et après...
Que dire du bonheur ? Rien. ça emmerde le monde. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Vous seriez jaloux, mesquins. Et puis je ne vais pas vous raconter mon sourire niais ? ça ne se raconte pas un sourire, surtout niais ! Je ne vais pas vous retranscrire les adorables bêtises qu'on se débite à longueur de journée, de nuits, ni décrire sa façon de caresser mes cheveux, la douceur de sa joue contre la mienne, et son regard plongé dans le miens bercée par des mélodies qui me transpercent, me glacent autant que me réchauffe la chaleur de ses mains sur mon corps... Five years, Björk, le monde peut bien partir en fumée ou se faire submergée d'eau, près de Lui rien ne peut m'arriver...
Ce qu'on est con quand on aime! Ce qu'on est niaiseux, mielleux, fleur bleue, inactif, improductif, égoïste, aveugle et sourd !
Moi qui fuyais l'amour, qui le fustigeais à l'envi, c'était sans compter avec l'existance de "Lui". Nous sommes la même âme dans deux corps et, quand ils s'unissent, nous ne formons plus qu'un.
Je me suis rassasiée en dévorant sa peau, mon besoin de débauche s'est consumé à la flamme de ses yeux.
Vivre d'amour, d'Evian et de Marlboro.
Et croire que ça suffit. ça ne suffisait pas.
Nous étions l'un à l'autre notre seule planche de salut.
Le garde fou préservant de l'abîme.
J'avais très vite compris que ses pensées étaient à l'image des miennes, et que s'il tentait de combattre mes convictions c'était dans le but unique d'éradiquer un mal être semblable à celui dont il souffrait lui même et dont il voulait m'épargner les effets délétères.
Pieux mensonges...
Notre présence mutuelle annihilait pourtant notre douleur commune et bien que profondément blessée en théorie vouée au spleen pour l'éternité, je me surprenais à me sentir heureuse.
Peu à peu notre inexpugnable désespoir tombait en léthargie...
Au bout de "si peu" de temps, nous étions devenus presque "ordinaire".
Si cela avait pu être vrai...
"Si peu de temps" de bonheur? Non. Si peu de temps de sursis...
Une plainte stridente recommença à sourdre en moi, puis à gronder, puis à hurler... Aussitot que je baissai ma garde. Comme avant.
... Les épreuves courbent mais ne m'abattent pas.
C'est fini, j'ai renoncé. Il a renoncé. Je ne pouvais plus. Il ne pouvait plus. Je crois que nous en sommes venus à nous détester. Ne plus avoir de vie. La routine, l'affreuse routine, la certitude de nous réveiller chaque jour cote à cote, errer de conserve, l'ennui... Tenter de tromper cet ennui... S'y rapprocher pour échapper à l'autre, haïr l'autre d'être toujours là, tout en craignant qu'il parte...
---> Alors partir avant. Partir en premier. C'est fini.
Et il se trouvera une petite conne, une brune insignifiante, qui ne ressemble à rien, une "fille bien".
Il y a deux semaines, il m'a rappelée. Trois mois que l'on ne s'était pas vus. Il voulait prendre des nouvelles. Quelles nouvelles ?
Il est là, nous voilà projetés des mois en arrières. Tout y était, enfin presque. Je pense. Je sais ou je ne sais pas. Mais calmement il m'explique que c'était "comme ça".
Sa voix que j'ai tant chérie rythme l'effondrement complet de mes derniers espoirs. Un mot, un geste de sa part, et j'aurai craqué, je lui aurais tout avoué, la raison de ma fuite ou de la sienne, mon amour immuable. Une monstrueuse envie de pleurer. Je me contiens. Mes yeux brillent un peu plus, peut-être, leur éclat est humide mais il ne le remarquera pas. Je fais un effort. Je reste combative. Je remplace ma douleur inoffensive par un désir de vengeance. Je veux qu'il souffre, comme je souffre. Impuissante, amoureuse ! Chaque mot qui vaut pour lui vaut aussi pour moi. Besoin de lui dire qu'il faut que nous rations notre vie ensemble. Je t'aime, c'est rien, c'est tout.
[...] C'est fini.
Avant j'aimais la vie, même en sachant tout ce que je savais, car dans l'immensité du vide il était là qui souriait. J'ai beau vivre, si on peut appeler ça vivre, j'ai beau baiser, et sortir... Je pense encore à lui. Je regarde les gens, leurs pas qui les emportent vers une finalité absente...
Et au fond de moi même, son image me hante. Je le connaissais mieux que personne. On avait le même état d'esprit, on méprisait la platitude et la médiocrité.
Je suis faible et j'ai l'impression que mon corps se meurt lentement. Seul mon esprit plein de souvenirs est encore vivace. Je préfère ressasser le bienheureux passé que de me contenter de ce présent de merde. Je n'oublierai pas ton visage. Je n'oublierai pas ta voix. Je me morfonds dans ma douleur. Pauvre con, tu ne pouvais pas laisser parler ton coeur.
[...] C'est fini.
Et Sinatra, Pavarotti, Léo Férré et Baudelaire... Maintenant je sais que tu en lis à d'autes et c'est pour cela que c'est fini. Je l'ai dis tellement de fois, mais là c'est pour de bon, tu as choisis. Tu as préféré ta vie de con, le bonheur nous aurait ennuyés. On crevera chacun de notre coté. Maintenant j'entends de toute part tes histoires où je ne suis plus en vedette, tes déconvenues ou tes conquêtes, et quand je parle de nous au passé, on me rit au nez... Parce que je dis : "nous". Ils ont raison .
[...] C'est fini.
--> [...] Je ne sais même pas pourquoi je viens souffrir ici, ce bordel institutionnel qui met l'amour en pièces. Ici, on est rien pour personne. Je ne suis rien pour Lui [...]
"Tes petites agressions mesquines, ce ne sont que des coups dans l'eau... T'es comme un gosse qui s'est fait mal et qui essaye de pousser ses petits copains dans le bac à sable pour qu'ils se fassent mal aussi.."
Je m'éssoufle... Mon désir de poursuivre est syncopé. Je ne peux plus...
Je fume clope sur clope, les yeux tournés vers la lueur éteinte d'un passé révolu, vers les images dorés d'un bonheur rectifié.
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va...
On oublie le visage et l'on oublie la voix,
le c½ur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va...
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie,
l'autre qu'on devinait au détour d'un regard,
entre les mots, entre les lignes et sous le fard,
d'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
avec le temps tout s'évanouit...
Avec le temps, va, tout s'en va...
On oublie le visage et l'on oublie la voix,
le c½ur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va...
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie,
l'autre qu'on devinait au détour d'un regard,
entre les mots, entre les lignes et sous le fard,
d'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
avec le temps tout s'évanouit...
N'attendez pas de chute de cette histoire.
Il n'y en a pas. Je continuerai à sortir, à consommer, à baiser et à persécuter des cons.
L'humanité souffre. Et je souffre avec elle
..
.